En ce début de Carême, nous vous proposons un message pour entrer ensemble dans ce temps de conversion et de nouveau, à travers la symbolique des cendres et l’appel à revenir vers Dieu de tout notre cœur. Ce texte nous invite à vivre ces quarante jours avec vérité, douceur et espérance.
Abbé Tchuma – Abbé Cyprien – Abbé Hubert

Chers frères et sœurs,
« Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras à la poussière. » Ces paroles que nous entendons en recevant les cendres ne sont pas une condamnation. Elles sont une lumière. Elles nous rappellent notre fragilité, mais aussi la vérité la plus belle : nous sommes entièrement portés par l’amour de Dieu.
Le prophète Joël nous lance cet appel : « Revenez à moi de tout votre cœur. »
Le Carême n’est pas une performance morale, ni un défi spirituel réservé aux plus courageux. Le Carême est un retour. Un retour vers Quelqu’un. Un retour vers le Père qui nous attend.
Dans l’Évangile, Jésus nous montre trois chemins : le partage, la prière et le jeûne. Mais il insiste sur un point essentiel : « Dans le secret. » Le Carême n’est pas un spectacle. Il n’est pas une vitrine de bonnes actions. Il est une transformation intérieure, un travail du cœur.
Cette année, j’aimerais reprendre une invitation attribuée au pape Léon : «Pour ce Carême, je vous invite à une abstention très concrète : celle des paroles qui blessent. » Voilà un jeûne exigeant, peut-être plus difficile que de se priver de nourriture. Car nos paroles peuvent construire… mais elles peuvent aussi détruire.
Une parole dure peut marquer un cœur pour longtemps. Une parole méprisante peut briser la confiance. Une parole prononcée sous la colère peut laisser une blessure profonde.
Le Carême nous appelle à convertir notre cœur. Et le cœur se révèle souvent par la bouche. Jésus le dit : « C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. »
Alors peut-être que notre jeûne pourrait être celui-ci : – Jeûner des critiques inutiles. – Jeûner des jugements rapides. – Jeûner des paroles ironiques qui blessent. – Jeûner des murmures, des calomnies et des médisances.
Dans nos familles, nos communautés, nos paroisses, nos lieux de travail… combien de tensions naissent simplement de paroles mal maîtrisées. Recevoir les cendres, c’est reconnaître humblement que nous avons parfois blessé, manqué de douceur, préféré avoir raison plutôt que d’être fraternels.
Mais les cendres ne sont pas seulement un signe de fragilité. Elles sont aussi un signe d’espérance. Car Dieu ne se lasse jamais de nous attendre.
Saint Paul nous le rappelle : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. » Et si cette réconciliation passait aussi par nos paroles?
Peut-être qu’avant Pâques, certains devront demander pardon. Peut-être qu’un silence humble vaudra mieux qu’une justification. Peut-être qu’un mot de bénédiction remplacera un mot de critique.
Imaginons ce que deviendraient nos communautés si, pendant quarante jours, nous décidions vraiment de ne pas blesser par nos paroles. Ce serait déjà une petite résurrection.
Le Carême n’est pas triste. Il est exigeant, mais il est lumineux. Il nous conduit vers la Vie.
En recevant les cendres, demandons cette grâce : Que nos paroles deviennent des paroles de paix. Que notre bouche apprenne à bénir. Que notre cœur s’ajuste au Cœur du Christ. Alors notre jeûne sera vrai. Alors notre prière sera profonde. Alors notre conversion portera du fruit. Que l’Esprit Saint nous accompagne sur ce chemin.
Abbé Cyprien MBI TSASA
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